jeudi 5 février 2015

Du mirage du plein emploi

Mirage n. m.
  1. Phénomène de réfraction, qui produit l'illusion d'une nappe d'eau s'étendant à l'horizon et reflétant la végétation et les dunes environnantes.
  2. Illusion, apparence trompeuse. Qui relève de l'utopie


Je ne suis ni économiste, ni sociologue, mais j'essaye de regarder le monde qui m'entoure avec un regard critique et ouvert. Et aujourd'hui, si une chose me semble évidente, c'est bien que le plein emploi que tentent de nous vendre les hommes et femmes politiques à chaque élection, n'est qu'une utopie inatteignable. Les chiffres s'accordent à dire que le chomage ne cesse d'augmenter depuis les années 50. On peut y voire un certain nombre de causes.

La montée du chomage

Il y a d'abord un changement culturel dans notre société : les femmes travaillent plus. Loin des idées patriarcales du début du siècle dernier, la population active comporte 48% de femmes en 2012, contre 35% à la veille de la première guerre mondiale.

La seconde cause qui a énormément joué est la conséquence du baby-boom. À partir des années 60-70, on a vu une affluence de jeunes gens arriver sur le marché du travail. Et si l'on observe la pyramide des ages en France, on ne risque pas de voir le nombre de demandeurs d'emploi baisser dans les années à venir.


La troisième cause est la plus importante, car c'est celle qui va contribuer le plus au chomage, puisqu'il s'agit de l'évolution technique. Le travail à la chaîne et l'automatisation font accroître la productivité des industries et dans le même temps baisser la main d'oeuvre nécessaire. Cette évolution se voit un peu partout, et est d'autant plus importante depuis l'arrivée d'Internet, qui rend obsolète de nombreux service.

Depuis l'ouverture de mon compte en banque, en 2000, je n'ai parlé à mon banquier que 3 fois. Mes relations avec les services des impôts sont fait intégralement sur internet. Je ne vais que rarement dans une librairie physique, préférant commander mes lectures sur internet. La liste est loin d'être exhaustive. Désormais, de nombreuses grandes surfaces proposent des caisses "libre service", ce qui augmente le nombre de passage en caisse sans augmenter la taille des magasins ni le nombre d'employés.

De même le rendement de la production diminue le besoin de main d'oeuvre. Cela est particulièrement visible dans le secteur agricole. En 1955, plus de 30% de la population active travaillait dans le secteur agricole, contre seulement 2% aujourd'hui. Et dans le même temps, la production totale sur la France a plus que doublé.

Le marché professionel

Aujourd'hui en France, alors qu'il y a 3,4 millions de chômeurs en France, il y a pourtant 400'000 emplois non pourvus, c'est à dire pour lequel aucun candidat n'a été trouvé. Pourquoi s'il y a tant de demandeurs?

Les causes sont faciles à expliquer : cela peut venir d'une trop faible rémunération, de conditions de travail pénibles (horaires, lieu de travail), où même du niveau de compétences nécessaires.

A côté de cela, on délocalise dans le privé et on supprime des emplois dans le public. C'est un peu cliché, mais cela correspond à une réalité dictée par le système capitaliste, et la "crise économique" dans lequel on vit. L'état et les entreprises privées tentent de réduire leurs charges, et tous les moyens sont bons.

Chomage ? Ou travail non utile ?

On associe souvent au terme chomage le concept d'inactivité. Cependant le fait de ne pas avoir un emploi (au sens légal) ne veut pas (forcément) dire que l'on se tourne les pouces toutes la journées devant Secret Story ou FIFA 2015. De nombreuses personnes sont "inactives" et pourtant sont plus actifs que certains guichetiers.

Beaucoup de retraités que je connais sont bien plus actifs depuis leur retraite que lorsqu'ils étaient, aux yeux de l'INSEE, réellement "actifs". Investissement dans une association, bénévolat pour une ONG, garde d'enfant (que ce soit des inconnus, ou des (arrière) petits-enfants), aide au ménage, au bricolage, ...), travaux artistiques (certains reprennent pinceaux ou instruments de musique).

Seulement seul le travail classique est rémunéré. Les chomeurs et retraités doivent se contenter de pensions ou allocations qui ne permettent pas de vivre décemment (sauf retraites de parlementaires...).

Je ne suis pas économistes, et je ne prétends pas avoir la solution miracle dans la poche. Cependant des propositions existent, et sur le papier semblent très intéressantes. Je reviendrai plus en détails dessus dans un prochain article.