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jeudi 9 avril 2015

De la ségrégation ludique

Ségrégation n. m.
  1. Action de séparer quelqu'un ou quelque chose d'un ensemble; résultat de cette action.
  2. Discrimination sociale de fait à l'égard d'individus ou de groupes d'individus en raison de leurs race, ethnie, religion, mœurs, sexe, âge, condition sociale.
Quittons la politique pour parler d'un phénomène de société qui montre que les mentalités ont du mal à évoluer. Cela m'a encore frappé cette semaine alors que j'étais dans une boutique de jouet pour acheter un petit toboggan en plastique. Un modèle était exposé en vitrine, couleur vert-pomme et marron, ce que je trouvais assez pertinent pour un jeu d'extérieur.

Ne trouvant pas ce que je cherchais ailleurs qu'en vitrine, je demande de l'aide à l'un des employés. Celui ci me réponds que compte tenu de la taille du jouet, celui ci n'était visible qu'en vitrine, et qu'il devait aller chercher un modèle en stock pour mois.

C'est à ce moment qu'il ajoute : Avant je peux vous montrer le catalogue, car nous avons aussi des modèles pour fille.. Et moi de lui rétorquer : Parce que celui la c'est pas un modèle pour fille ? Il n'a pas cherché à aller dans ce débat et s'est dirigé vers l'arrière boutique pour aller chercher ce que je lui avait demandé.

C'est alors que j'ai remarqué la disposition du magasin. D'un côté les rayons "garçons", dominé par du rouge et du bleu, et des jeux d'une grande diversité . De l'autre côté les rayons "filles", où dominent le rose et le violet, les poneys et les poupées.

Dans une société moderne où l'on ne manque pas de nous rappeler que l'égalité homme-femme est importante, pourquoi cette égalité n'est-elle pas présente dès les premières années ? Pourquoi, à l'age où les enfants sont le plus influençables, et où les préjugés commencent à s'ancrer dans leur inconscient, leur impose-t-on des stéréotypes ? Un garçon peut jouer à être un astronaute, un pilote d'avion, un policier, un docteur, un pirate. Une fille sera mère au foyer, cuisinière.

Je me souviens que pendant mon enfance, j'ai autant joué à des jeux de voiture et de construction, qu'à la poupée et à la dinette. Je n'en garde aucuns séquelles, et au contraire je considère avoir eu une enfance globalement heureuse. Peut-être la différence que cela a pu avoir sur moi est que j'ai hâte de devenir père, de m'occuper de mes enfants avec ma femme, et de les éduquer et les élever.

Un ami me rapportait une anecdote dans un magasin de jouet londonien. Il cherchait des cadeaux à offrir à ses neveux et nièces. Un vendeur s'approche de lui et lui demande s'il cherchait des jouets pour garçon ou pour fille. Mon ami a répondu qu'il cherchait des jouets pour des enfants, et que leur genre n'avait aucune importance, et s'est fait dévisagé par le vendeur. Et à côté une dame s'approche, une boite de peinture à la main, demandant au vendeur si cette boite était destinée à des garçons ou à des filles.

Les parents ne sont, à mon avis, pas fautifs car les catalogues et magasins font tout pour distinguer filles et garçons. Cependant, il ne tient qu'à eux d'apprendre l'ouverture d'esprit à leurs enfants.

Je finirai sur cette phrase, vue sur un réseau social récemment :
Comment savoir si un jouet est pour les filles ou pour les garçons ?
Si le jouet nécessite d'utiliser ses organes génitaux, ce jouet n'est pas fait pour les enfants.
Sinon, ce jouet est pour les filles et les garçons.

mercredi 11 juin 2014

Du financement de la propagande

Propagande n. f.
  1. Action systématique exercée sur l'opinion pour lui faire accepter certaines idées ou doctrines, notamment dans le domaine politique ou social.


Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est le terme officiel utilisé dans le code électoral pour parler de la campagne d'un candidat lors d'une élection. Rien que cette information valait le détour.

Lors des récentes élections européennes, j'ai reçu à mon domicile une enveloppe officielle contenant les profession de foi des différents partis candidats dans ma région. N'ayant pas la télévision, je n'ai fais mon choix que sur ces brochures. Il y avait dans l'enveloppe 9 brochures, donc neuf partis représentés. Le jour de l'élection, je me rends à mon bureau de votre, et sur la table où sont disposés les bulletins de votes, il devait y avoir une quinzaines de bulletins différents. Quinze partis.

Étonnement de ma part. Pourquoi n'ai-je reçu que neuf brochure s'il y avait quinze partis candidats ? Je vote, conservant mon choix initial mais déçu de n'avoir pas pu faire une comparaison exhaustive de tous les candidats. Je rentre chez moi et fait une vérification rapide sur le ministère de l'intérieur. Dans ma région, 25 listes étaient candidates aux européennes. Des 25 candidats, je n'avais reçu que 9 profession de foi, et ne pouvais voter que pour 15 !

De l'étonnement je passe à un sentiment de frustration, et de colère. Frustration de n'avoir pas eu un réel choix proposé, colère vis à vis du système qui permet ce genre de chose. Je me suis donc renseigné pour comprendre pourquoi de nombreux partis n'avaient pas leur profession de foi dans l'enveloppe officielle, ni les bulletins de vote prêts à l'emploi à mon bureau de vote. Je me suis donc plongé dans le code électoral pour comprendre la cause.

Le Mémento officiel à l'usage des candidats, document fournit par le ministère de l'intérieur, indique les modalités de remboursement des dépenses de propagande :

Aux termes de l’article 18 de la loi du 7 juillet 1977, sont à la charge de l’Etat, pour les listes ayant obtenu au moins 3% des suffrages exprimés, le coût du papier, l’impression des bulletins de vote, affiches et circulaires, ainsi que les frais d’affichage.


Pas besoin d'aller chercher plus loin que cela. On retrouve encore le principe merveilleux d'Égalité, gravé en gros sur les frontons de nos mairies. Les partis politiques doivent imprimer eux même leurs affiches, professions de foi et bulletins de vote, et seront remboursés par l'État. Si ils obtiennent plus de 3% des voix. Là encore on découvre un véritable frein aux petits partis qui tentent de faire entendre leur voix.

En outre le plafond autorisé par l'état pour la campagne atteint souvent des proportions démesurées qui permettent aux gros partis de creuser plus l'écart. Certains ne se gênent d'ailleurs pas pour essayer d'aller au delà de cette limite imposée par l'état. En 2012, pour l'élection présidentielle, le plafond des dépenses de propagandes était fixé à 30 centimes d'euros par habitant, soit un peu moins de 20 millions d'euros. Somme inatteignables pour un petit parti, mais trop petite pour l'UMP ou le PS.

Utopie

Je me permet de reprendre ma petite plume utopiste. Imaginons un instant que les partis n'auraient pas le droit à une communication non officielle. Ni tracts, ni affiches placardées. Rien. Interdiction totale. Une fois la liste des candidats officielle connue, chacun aurait le droit à :

  • une affiche collée devant chaque bureau ed vote;
  • une courte profession de foi, sur une feuille A4;
  • un programme officiel et détaillé, sur 4 pages A4;
  • les bulletins de vote en nombre suffisants;


Ils n'auraient qu'à déposer, sur une plateforme dédiée, les originaux numériques, et les services compétents se chargeraient de l'impression et de la distribution aux électeurs. Ainsi, au lieu de rembourser les millions de campagnes de com' du PS et de l'UMP, et de laisser les partis émergents mourir dans l'oeuf, on réaliserait de nombreuses économies en n’imprimant que le nécessaire. Les moyens de propagandes étant alors les mêmes pour tous, on aurait en plus une véritable égalité des chances, chaque parti ayant autant d'exposition que les autres.

Mieux encore, pour les bulletins de vote, un seul bulletin serait imprimmé, avec la liste de chaque candidat, et une case à cocher en face. Un seul bulletin par élection, cela veut dire moins d'impression papier, donc un geste écologique et économique.

lundi 2 juin 2014

De l'équité du temps de parole

Équité n. f.
  1. Caractère de ce qui est fait avec justice et impartialité.

Élections Présidentielles


La France, dont la devise contient le mot Égalité, et surtout le CSA, ne respecte pas cette notion lors des élections présidentielles. En effet, lors d'une élection présidentielle, le CSA vérifie la visibilité médiatique de chaque candidat. La règle suit le principe suivant :

Du 1er janvier à la publication officielle de la liste des candidats (mi mars)
Chaque candidat à un temps équitable (équitable mais pas égal). Ce temps dépends principalement des sondages, et résultats aux précédentes élections des partis politiques concernés. On voit déjà la un premier problème, pour les nouveaux partis qui ne vont disposer que de très peu de temps de paroles.
De la publication de la liste des candidats à deux semaine avant le premier tour (début avril)
Pour les candidats officiel, on observe une égalité du temps de parole, et une equité du temps d'antenne. Le temps d'antenne comprends le candidat lui-même ainsi que ses soutien. On a donc la encore une inégalité puisque certains partis vont pouvoir monopoliser les médias et appeler à voter pour X ou Y.
À partir de deux semaines avant le premier tour
Finalement, on en arrive (enfin) a un temps de parole et d'antenne égal pour tout le monde. Deux semaine avant le premier tour. Probablement suffisamment pour que les petits candidats rattrapent les deux premiers.
Je suis allé me balader sur le site du CSA qui publie les temps de paroles des candidats pour l'élection présidentielle de 2012. Étonnamment, le CSA ne publie pas les temps d'antenne des soutiens au candidats.

Pour la première partie, les temps de paroles de Nicolas Sarkozy et François Hollande étaient chacun de 25%. Marine Le Pen, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchons tournaient autour de 10% de temps de paroles. Et pour les 25 autres candidats (ou aspirants candidats), ils se répartissaient les 20% restant. Ensuite, les temps de paroles sont bien respectés, mais les temps d'antennes suivent les mêmes tendances. Et bizarrement, on peut faire une corrélation quasi parfaite entre les temps d'antennes qui suivent le principe d'équité et les résultats au premiers tours de chaque candidat.

Ce n'est pas parce qu'il y a corrélation qu'il y a causalité !
Vraiment ? Si l'on regarde les résultats des élections présidentielles depuis 1958 (début de la Vè république), on remarque que ce sont toujours les mêmes partis qui se disputent le gateau. A gauche, le parti Communiste et le parti Socialiste. Au Centre, divers partis qui n'ont jamais duré très longtemps. A droite, le parti de droite qui change de nom toutes les décennies, l'UNR-UDR-RPR-UMP. Enfin à droite également le FN depuis 1988.

Alors dans un tel climat, où les médias se font les complices des gros partis pour monopoliser l'attention, comment voulez vous qu'un parti original, jeune, sans les moyens colossaux des quatre sus-cités, puisse se faire une place et espérer changer les choses.

Élections Européennes


Côté élections Européennes, le CSA à donné des directives début mai, concernant la couverture médiatiques des (nombreux) partis participant à l'élection Européenne. Officiellement, les 6 gros partis (Europe Ecologie, Front de gauche, Parti Radical de gauche, Parti socialiste, Union des Démocrates et Indépendants, Union pour un Mouvement populaire) ont droit sur chaque chaine (télé ou radio) à 20 minutes. Les 21 partis présentant plus de 5 listes en France, et donc considérés comme nationaux, ont droit à 2 minutes 52 secondes. Et pour les autres partis, rien.

Là encore, on observe équité et non égalité. Mais équité selon quel critère ? Les 6 gros partis sont simplement ceux représentés par des groupes parlementaires de l'Assemblée Nationale ou du Senat. Des pistonnés en quelque sorte. En gros, tant qu'un parti n'a pas d'élu, on n'en parle pas. Et donc il ne peut pas avoir d'élu puisque personne ne sait qu'il existe. Cercle vicieux pour les uns, vertueux pour les quelques qui se partage les sièges parlementaires depuis cinquante ans.

Mais, entre le début de campagne et la mi mai, seul 19 partis sur les 25 ayant droit à un temps de parole ont pu s'exprimer sur l'une des 10 principales chaines de télévision. Aussi, à 10 jours du scrutin, le 14 mai 2014, le CSA a fait un communiqué de presse, s'inquiétant du non respect des temps de paroles officiels de la part des différents médias.

Le Conseil a constaté l’existence de profonds déséquilibres dans la répartition des temps de parole et observé que des formations politiques n’avaient pas encore bénéficié d’un accès aux antennes.

En conséquence, le Conseil alerte vivement les responsables des chaînes de télévision et de radio, [...], sur la nécessité de veiller à respecter le principe d’équité avant la fin de la période [...]. Il leur reste dix jours pour ce faire.

Le 21 mai, le CSA a lancé un second communiqué de presse, vu le peu manque de volonté des chaînes à se soumettre au principe d'équité.

Le Conseil a constaté la persistance, après ses alertes successives, de déséquilibres marqués dans la répartition des temps de parole et observé que plusieurs partis ou groupements politiques n’avaient pas encore bénéficié d’un accès à certaines antennes.

À deux jours de la fin de la campagne, le vendredi 23 mai à minuit, le Conseil souligne l’extrême urgence pour les radios et télévisions de respecter le principe d’équité, en remédiant sans délai aux déséquilibres constatés.


Le décompte final relevé par le CSA est accablant. Sur les 30 partis ayant droit à une couverture médiatique (même minimale), TF1 n'a donné de temps d'antenne qu'à 16 (dont la moitié consacré au PS et à l'UMP), et l'ensemble des chaines publiques (France 2, France 3, France 5), pour 12 partis, a donné moins de 30 secondes d'antennes, quand le PS et l'UMP totalisaient 2 heures chacuns...

Et le CSA dans tout cela ? il "conclut à un respect global du pluralisme dans les médias audiovisuels. [...] Il regrette cependant que TF1 et M6 n’aient pas considéré devoir accorder une exposition significative à cette actualité électorale. [...] Le Conseil rendra public prochainement son rapport sur la campagne en vue des élections européennes dans les médias audiovisuels, dans lequel il formulera des propositions visant à mieux garantir encore le pluralisme politique."

Si, par pluralisme, on entend cette farce, de donner moins d'une minute d'antenne pour un parti, quand un autre possède 2 heures (sans compter la couverture médiatique tout au long de l'année), alors peut-être devrions nous changer de vocabulaire.