mardi 13 mai 2014

De l'inutilité du vote blanc

Inutilité n. f.
  1. Manque d'efficacité, absence de résultats positifs.
  2. Fait de ne pas accomplir une tâche utile, de ne pas rendre de services.
On aurait pu croire à une blague. Le 1er avril 2014, une loi visant à reconnaître le vote blanc est entrée en application. En fait de reconnaissance, il s'agit simplement de compter les votes blancs à part des votes nuls. En effet jusqu'alors, les votes blancs et nuls étaient recensés dans la même case.
On qualifie de vote blanc le dépôt dans l’urne d’une enveloppe sans bulletin ou contenant un papier dépourvu de toute indication.
Lettre du service public
< Une grande avancée pour la démocratie1 me direz vous ? Pas exactement. En effet, si les bulletins blancs sont comptés à part, ils n'en restent pas moins inutiles, car sans aucun effet sur le résultat d'une élection.

Par définition, le vote blanc est un vote actif, c'est à dire l'expression d'un avis à par entière. Contrairement à l'abstention, qui signifie "je n'ai pas l'envie de me prononcer sur la question", le vote blanc signifie "aucun des choix qui m'est proposé ne me satisfait".

Un vote blanc ne devrait pas être une carte blanche laissée aux autres électeurs pour décider à sa place. Un vote blanc devrait au contraire être un instrument que les citoyens pourraient utiliser pour remettre en cause les candidats à une élection, ou, lorsque rarement le cas se présente, remettre en cause le contenu d'un référendum.

Aujourd'hui, les citoyens Français n'ont aucun choix dans les candidats qui leur sont proposés. A quelque échelon que ce soit, une fois les candidats définis, c'est forcément l'un de ceux là qui sera élu. Même si 90% des électeurs votaient blanc, on parlerait encore de majorité, quand en réalité seul un faible pourcentage aurait voté pour ce candidat.

Aujourd'hui, malgré la pseudo avancée de cette loi, le vote blanc reste toujours une farce inutile, qui permet juste aux hommes politiques de nous faire croire qu'ils écoutent ce que l'on a à dire.

1. Je me permet d'utiliser ce terme galvaudé, mais au je vous expliquerai prochainement pourquoi la République Française n'en est pas une.